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Durant les années 20, un nouveau club sportif fait son apparition à Caen :  l’Olympique caennais. Sa genèse démarre en juillet 1923 alors que le conseil général cherche à attribuer la location du tout nouveau stade départemental – dit stade Hélitas – à une société sportive. Plusieurs clubs sportifs de la ville sont sur les starting-blocks :  le Stade Malherbe et la société de gymnastique et de tir (présidée par l’adjoint au maire André Détolle) sont les favoris. Mais une nouvelle société sportive fait son apparition, l’Olympique caennais. Elle est le fruit d’une scission de la Société Sportive des chantiers navals (situés à Blainville). Son président est M. Rapahel, le conseiller général de Cagny. Alors qu’elle n’est pas encore reconnue en préfecture, le nouveau club fait circuler des papiers à en-tête avec l’adresse du stade comme siège. Cela ne plaît pas du tout au comité qui gère le stade Hélitas qui fait paraître un avis dans la presse :

La commission du stade départemental et le préfet du Calvados font savoir que le stade n’est et ne saurait  être exclusivement réservé à aucune société particulière. Ils opposent un démenti formel à toute association sportive qui donnerait son adresse à celle même du stade départemental. La commission et M. le préfet déclarent, une fois de plus, que le terrain sera ouvert à toutes les sociétés d’éducation physique.

Sur ces mêmes papiers à en-tête, on peut lire sous le nom Olympique Caennais l’indication « ancienne Union Sportive des Chantiers Navals Français ». Ce sous-titre disparaît rapidement. Les services préfectoraux enregistrent les statuts du nouveau club à la fin du mois d’août 1923. Il compte alors trois sections : le football, le basket et le rugby. Plus tard, des sections natation, éducation physique et athlétisme sont ouvertes. Il élit domicile au pavillon des sociétés savantes rue Daniel Huet. Ses couleurs sont rouge et or. Et comme l’avait annoncé le préfet, le club dispute ses matchs au stade départemental.

Ouest Éclair, 31 août 1923

Ouest Éclair, 31 août 1923

Le premier match que dispute le nouveau club concerne le rugby. Le dimanche 23 septembre, le quinze sang et or rencontre l’équipe réserve du prestigieux Racing Club de France. Le match se termine par une défaite 26 à 11 face à des Parisiens plus expérimentés. L’équipe de football est engagée dans le championnat de deuxième série de Basse-Normandie. Faute de joueurs suffisants, l’équipe fait appel à des joueurs de l’Association Sportive Normalienne Caennaise (ASNC) – des élèves maîtres de l’école normale. Il lui faut deux saisons avant de monter en première série, le plus haut niveau d’alors. Ainsi, les premiers derby caennais font leur apparition. Le 25 octobre 1925, l’Olympique reçoit son voisin du Stade Malherbe Caennais. Le match se solde par un nul (2-2). Au match retour, la supériorité des stadistes est flagrante et ils remportent la partie facilement par 5 buts à 1. Le club se maintient à ce niveau pour la saison suivante. Celle-ci est marquée par le match qui oppose l’Olympique à la Stella de Cherbourg. Le match est gagné par l’Olympique mais la Stella porte réclamation pour incompétence de l’arbitre ! Le district du Calvados casse le résultat et donne la victoire aux Cherbourgeois. Or, ceux-ci sont les dauphins du Stade Malherbe au classement et cette victoire sur tapis vert lui permet de prendre la première place. L’affaire ne se termine pas là. L’Olympique est bien déterminée à faire reconnaître sa victoire sur le terrain, elle porte l’affaire devant la ligue de Normandie de football. Celle-ci rétablit la victoire de l’Olympique mais la Stella porte à son tour l’affaire devant la commission des status de la fédération française de football. Après consultation des procès verbaux du match, l’Olympique est définitivement déclarée vainqueur de la Stella de Cherbourg…3 mois après la fin du match.

On connaît peu la fin de cette société sportive. Ses équipes sont encore engagées dans les championnats 1932-1933 puis le club cesse ses activités d’un coup.

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